
HARPAU
OBAZINE - COYROUX



Obazine-Coyroux : histoire d'une abbaye double
Le musée porte sur l'histoire de l'abbaye ainsi que sur les constructions du moyen-âge comme le canal des moines. Vous y découvrirez ainsi :
Afin de mieux connaitre le contenu du musée avant de le visiter voici une histoire des lieux et les réponses aux questions fréquemment posées (le site n'est pas redondant avec le contenu du musée) :
Quelques anecdotes sur Aubazine :
Etienne,
le fondateur de
l'abbaye
Histoire politique et religieuse du limousin
Les guerres au moyen-âge
Les dépendances de l'abbaye et son réseau économique
La construction du canal des moines et des moulins
La vie quotidienne des moines
L'architecture
Les restaurations de l'abbaye au cour des siècles
Histoire de l'ordre cistercien
L'évolution du village depuis le XIIIe siècle
L'approvisonnement en eau de l'abbaye
Le tombeau d'Etienne et la communauté

La plupart des vitraux de l'abbatiale (l'église de l'abbaye) sont colorés en nuances de vert et bleue, cependant les vitraux d'origine étaient en nuances de gris ou en blanc comme l'impose l'esprit cistercien de sobriété. Aujourd'hui ces vitraux sont encore visibles dans l'Eglise mais il n'en reste que deux, les autres ont été renovés au XIXe siècle. Ces deux vitraux cisterciens sont un cas unique en europe pour leur maintient en bon état dans leur emplacement d'origine et ce depuis 9 siècles.
Selon la légende coco Channel aurait été pensionnaire du couvent créé à la fin du XIXe siècle, elle se serait inspirée des motifs des vitraux pour créer son logo avec ses initiales entrecroisées. Dans le registre des pensionnaires il est cependant mention de "Channel" mais aucune preuve qu'il s'agissait bien de Coco Channel ou d'un membre de sa famille.
Afin de construire le canal des moines les constructeurs furent obligés de passer à travers un rocher sur une pente abrute à flanc de montagne, pour ce faire Etienne pria jour et nuit et le lendemain à la faveur de l'orage la roche s'était brisée en deux laissant un espacement avec des bordures bien lisse et droite entre les deux. Plus sérieusement ce que l'on nomme la brêche de Saint Etienne est l'oeuvre des moines d'Aubazine et de Citeaux (l'abbaye mère de l'ordre) qui ont fendu la roche à l'aide de la dilatation de coins en bois enfoncés dans la pierre puis humidifiés.
Par ailleur une partie du canal pas très éloignée de la brèche s'éffondra à cause d'un orage et de la fragilité de la construction qui à cet endroit reposait sur une pente presque droite. Les moines durent donc rattraper la pente artificiellement sur plusieurs dizaines de mètres de haut à l'aide d'un mur en brique soutenant ainsi le canal au dessus du vide.
Pendant la première guerre de cents ans entre Henri II d'Angleterre et Louis VII, à la fin du XIIe siècle (jusqu'au milieu du XIIIe), lors de la mort d'étienne (1159), le limousin est au coeur des conflits ou Richard coeur de lion fils de Henri II trouvera la mort (à chalûs 87). Les abbayes en ce temps étaient régulièrement pillées et les abbées rançonnés. Aubazine fut épargnée des incursions grâce à son enceinte et à son austérité, sa pauvreté qui en faisait une cible sans intérêts car dépourvue de richesses. Cependant les granges et donc les exploitations de l'abbaye furent touchées et les moines manquèrent de nourriture alors même qu'ils la partageait déjà avec les réfugiés de guerre.
Obazine ou Aubazine ?
Le village de "Obazine" n'existait pas avant la construction et le développement de l'abbaye. La première mention des lieux se fait sous le nom latin d'Opacina (Opac, en référence à la forêt) puis en français occitant Obazine. Après l'installation des moines à Obazine un village primitif se forme au XIIIe siècle autour du monastère masculin avec l'arrivée de laics de plus en plus nombreux qui ont des relations avec l'abbaye. C'est par la suite que l'écriture "Aubazine" fait son apparition au XVIe siècle issus du dialecte parisien de la langue d'oil. A la révolution elle devient alors la forme officielle du nom de la commune le dialecte de Paris devenant alors le français standart, officiel. Il existe aussi une orthographe avec un "s" qui vient d'une erreur de traduction.
Pourquoi dit-on Obazine-Coyroux ? Ecrit-ont Coiroux ou Coyroux ?
Dès l'installation des moines à Obazine au début du XIIe siècle la communauté de chanoine (des moines solitaires) comprenait des familles, des femmes et des enfants.
Après la construction du premier monastère et de son officialisation il est décidé d'installer la communauté féminine et leurs enfants si elles en ont dans un prieuré aussi appelé monastère. Le monastère du futur village devient le monastère masculin d'Obazine et celui des femmes le monastère de Coyroux (situé juste à 600 mètres du bourg) ce qui fait de l'Obazine une abbaye double, avec deux monastères que l'on nomme Obazine-Coyroux.
Le monastère feminin doit son nom à la rivière qui coule à côté ; le Coiroux qui s'écrit avec un "I" pour la distinguer du monastère.
Pourquoi le musée se nomme l'espace muséographique cistercien ?
En 1147 l'abbaye d'Aubazine rejoint l'ordre des moines cisterciens. Ces derniers auront un impact sur l'organisation des moines, leur système d'économie et de troc et jusque dans l'architecture des bâtiments austères, sobres mais construit avec des techniques élaborées. L'espace cistercien vous présente donc l'histoire de ces moines avec leurs spécificités en temps que moines rattachés à l'ordre cistercien.
Par ailleurs l'espace muséographique se nomme ainsi en raison de l'impossiblité de se nommer musée d'un point de vue administratif.
Les origines de l'abbaye d'Aubazine (XIe siècle - 1142) :
Pour avoir plus d'informations sur l'organisation des moines, l'architecture, le contexte, les constructions hydrauliques, les événements et évolutions au cour du temps nous vous invitons à visiter le musée
La plus ancienne installation de moines à Aubazine remonte autour de 1125. Le fondateur de la futur abbaye, Etienne, s'installa sur ce plateau encore recouvert d'une épaisse forêt au cour de ses pérégrinations, attiré par la beauté des lieux.
L'ancien curé originaire de Vielzot en Xaintrie (limite entre la corrèze et le cantal) n'a jamais souhaité fonder une abbaye. Son voeux était de vivre une vie pieuse, austère et pauvre en solitaire. Etienne est né probablement à la fin du XIe siècle, après avoir quitté sa paroisse, il se met en quête avec son amis Pierre lui aussi curé de devenir Ermite, c'est à dire moine vivant en dehors d'un monastère. Ils vont donc prêter conseil à différentes personnalité religieuses comme le prieur de la chaise dieux à ...
Les deux amis vont donc partir en quête de solitude arpentant les collines et les vallées de la dordogne et du limousin. Avant de découvrir le site d'Aubazine, ils vont s'installer en dordogne puis se rendre compte de leur trop grande proximité avec la population locale et donc de leur dépendance. Une communauté d'anciens prêtre épris d'ascétisme se joignent alors autour des deux compagnons.
Suite à l'installation des ermites dans la forêt d'Aubazine (en 1125) probablement aux alentours du puy pauliac, des disciples, venus de tout horizons (religieux ou paysans, seuls ou en famille) se massent toujours plus nombreux autour d'Etienne jusqu'a rendre impossible tout désir de solitude. Etienne doit gérer sa communauté et adopter une organnisation officielle répondant aux besoins communautaires.
Vers 1135, Etienne part donc chercher conseil et affiliation auprès d'un ordre religieux afin d'organniser la vie des futurs moines. Il se tourne d'abord vers le prieur de Guigue et la communauté des chartreux qui vivent dans un compromis entre ermite solitiaire et moines communautaires dans la montagne, mais ceux-ci rejettent la demande d'affiliation d'Etienne et de sa communauté. En effet ceux-ci sont déjà trop nombreux (100 environ), tellement qu'il sont plus nombreux que l'ensemble des moines/ermites de l'ordre cartusien tout entier (28 personnes) et cela avant même la création officielle de l'abbaye d'Aubazine.
Etienne hésite alors à s'enfuire et laisser tomber sa récente communauté de femmes, d'hommes et d'enfants pour vivre en solitaire selon ses aspirations premières. Il tente donc de faire nommer Pierre comme futur abbé à sa place, en vain puisque le prieur à qui il délegue cette responsabilité nomme Etienne chef pour sa grande piêté, malgrès l'avis de ce dernier qui avait conseillé Pierre comme abbé (et inversement pour Pierre).
Suite à la nommination de l'abbé, la communauté prendra une toute autre forme passant d'un ermitage s'entourant peut à peut de bâtiements monastiques à une abbaye conventionnelle devenue la première abbaye entrée au sein du tout récent ordre cistercien (1098) dans le limousin.
A partir de là l'histoire de cette abbaye vous sera plus détaillée au sein du musée, le site se contentant de survoler la période allant de 1142 à aujourd'hui. De plus la plupart des informations ci-dessus pour la période 1125 - 1142 ne sont pas présentes au musée, celui-ci détaillant plus certaines thématiques essentielles et non moins intéréssantes comme la communauté d'étienne ou les relations aux seigneurs par exemple. Le musée vous donnera davantage d'informations sur la période suivant 1142, la construction concrète de l'abbaye, son achèvement, la mort d'étienne et sur le développement puis la dégradation de l'abbaye au cour des siècles.
Par la suite l'abbaye parviendra à se maintenir dans le temps et les moines surmonteront tous les défis pour achever l’œuvre monumentale que sont les bâtiments monastiques et pour rendre Obazine vivable. L'abbaye va devenir cistercienne en 1147, le canal des moines sera construit par la suite. Etienne meurt en 1159, l'Eglise actuelle est construite en 1156 et finie en 1176. A la date de la mort d'Etienne, des troubles surviennent en limousin, à cette date Richard coeur de lion doit rendre hommage au roi de France pour posséder le limousin en devenant son vassal (son larbin) chose qu'il refuse. A la fin de ce siècle un moine rédige la vie d'Etienne, il sera transféré à son tombeau au XIIIe siècle. Le village apparait lors de ce siècle. Il suivra de nombreuses étapes avant l’existence de la commune et du bourg et l'abbaye sera mainte fois partiellement détruite, rénové, dépeuplé, repeuplé...
Un des défis pour les moines cisterciens fut le manque d'eau dans la fontaine du cloître. En effet un des points essentiels de l'ordre cistercien est l'autonomie et donc l'accès à l'eau par l'implantation de l'abbaye en bas de la vallée. Les moines vers 1147 durent alors choisir entre déménager l'abbaye malgrès tous les bâtiments déjà construits sur la corrèze en contre-bas et donc plus proche de la civilisation, ce qui est contraire à leur désir de solitude ou rester sur place et ammener l'eau à eux. C'est la seconde solution qui fut choisie et qui nécéssita la construction du canal des moines pendant des dizaines d'années à partir d'environ 1150 sur plus de 3 km, reliant le coiroux à la corrèze avec 1,5 km au ras d'une falaise.
L'abbaye parviendra grâce à l'aide des moines de l'ordre cistercien à rester independante économiquement et matériellement et à organiser la vie religieuse ainsi qu'un vaste réseau d'abbayes et de dépendances allant de l'ile d'oléron jusqu'en auvergne et en dordogne, ce qui en fait peut-être la plus puissante abbaye du limousin.
Pour cela de nombreuses constructions, aménagements et des prouesses techniques impressionnantes seront réalisées afin de mettre en place l'abbaye au sein d'une forêt dense et abrupte et la rendre vivable. On peut citer : la création d'un plateau artificiel à Coyroux et Obazine afin de gagner de la place pour l'abbaye ; le canal des moines, un aménagement hydraulique construit au ras d'une falaise à travers la roche (à visiter) ; les moulins (à visiter) ; le vivier (à visiter, dans l'abbaye) ; l'aqueduc du monastère féminin (disparu) ; les canalisations souterraines (disparues), le cloître et les bâtiments monastiques (à visiter), la fontaine (à visiter)...
L'histoire présentée au sein de l'espace muséographique couvre 9 siècles en passant par le moyen-âge et le 17e siècle, couvrant bien sur la construction du canal des moines et des moulins. L'histoire présentée sur ce site ne reprend pas tout à fait le contenu du musée et de nombreux points sont appronfondis dans l'espace muséographique notamment les constructions hydrauliques, l'évolution de l'abbaye ou l'histoire du limousin par exemple.